Tout disparaît.
“A partir d’un certain âge, la vie s’engage inévitablement dans un processus de déperdition. L’une après l’autre, des choses qui vous sont précieuses s’échappent et vous glissent des mains. Comme un peigne qui perd ses dents. Et ce que vous vous procurez à la place, ce ne sont que des choses sans importance. Vos capacités physiques comme vos espoirs, vos rêves, vos idéaux comme vos convictions, ou ce qui a du sens pour vous, ou encore les personnes que vous aimez... tout s’en va. Tout disparaît. Parfois, ces pertes vous sont annoncées. Mais parfois, un jour, simplement, sans préalable, des choses ou des êtres s’évanouissent. Impossible de les récupérer. Ou de leur trouver des remplaçants. C’est très pénible, ah oui. On éprouve parfois un chagrin déchirant. […] Vous allez bientôt avoir trente ans. Peu à peu, vous pénètrerez sur les terres crépusculaires de la vie. Eh oui, vous aussi, vous avancerez en âge. Et alors le sentiment aigu d’avoir perdu quelque chose vous deviendra de plus en plus compréhensible.”
Haruki Murakami, 1Q84 Livre 2 Juillet-Septembre.
